Le RÉMI demande à la ministre du tourisme d’agir pendant que les événements séduiront les touristes cet été

Ils invitent les Québécois à fêter et la ministre à agir : les dirigeants des 28 événements majeurs internationaux réunis sous la bannière du RÉMI ont donné ce midi le coup d’envoi à la saison qui s’étale du Festival Go Vélo Montréal au Festival Western St-Tite en lançant un appel à la ministre du Tourisme, afin que sa « révision du modèle d’affaire et de gouvernance en tourisme » puisse porter fruit dans les meilleurs délais possibles, et ce, en dépit des pressions exercées par certains tenants du statu quo.

Rappelant qu’il soutient la démarche initiée par la ministre l’an dernier, le Regroupement des événements majeurs internationaux (RÉMI) considère que la ministre a aujourd’hui en main tous les éléments nécessaires afin de donner, avec lui et l’industrie touristique en général, un nouvel élan au tourisme, créer de l’emploi et relancer de l’économie.

En février, le RÉMI rendait lui-même publique une étude réalisée par KPMG sur le potentiel touristique et économique des événements majeurs internationaux qui concluait que les gouvernements ne peuvent pas se permettre de ne pas investir davantage dans l’industrie touristique et ses événements majeurs internationaux.

Depuis, la ministre du Tourisme, Mme Dominique Vien, a été très active et a mis de l’avant une série d’orientations. Dans « Faire du tourisme une industrie performante, innovante et axée sur le développement économique », elle a annoncé la mise en place de groupes de travail dont un qui, tout comme l’étude du RÉMI, cherche de nouvelles voies de financement pour le produit touristique, afin qu’il soit encore plus attrayant pour les touristes hors Québec et plus compétitif sur la scène internationale. En ce moment, le déficit touristique est effarant, à 3 milliards $ par année au Québec, et le Canada est l’un des seuls pays au monde à avoir enregistré une baisse — en nombres absolus — de touristes sur la dernière décennie.

Parmi les hypothèses qui circulent actuellement, certaines concernent l’élargissement de la taxe d’hébergement aux Airbnb de ce monde, mais aussi l’harmonisation du taux de cette même taxe qui, dans ses multiples variantes au Québec, ne rend pas la tâche facile aux voyagistes, par exemple, pas plus qu’aux touristes étrangers eux-mêmes. Selon le RÉMI, l’harmonisation du taux de la taxe d’hébergement à 3,5 % ou à 4 % partout sur le territoire génèrerait des sommes considérables qui pourraient servir à mieux soutenir le produit et le marketing.

Le RÉMI considère que, en général, les ATR pourraient faire davantage afin de soutenir le produit touristique dans leur région, tout en saluant les efforts de Tourisme Montréal et, dans une autre mesure, ceux de l’Office du tourisme de Québec. Des événements régionaux phares doivent pour l’instant se passer de l’aide de leur ATR et, pourtant, ce sont les premiers à remplir les hôtels, à générer le fruit de la taxe d’hébergement, sans pour autant en bénéficier d’aucune façon. Il faut, toujours selon le Regroupement, corriger ce « vice historique » dans le modèle d’affaires. D’autres hypothèses intéressantes sont sur la table, qu’il s’agisse, entre autres, de celles touchant au Fonds d’indemnisation des clients des agents de voyages (FICAV).

La ministre a déjà annoncé que, dans le cadre des travaux en cours, elle reverrait également le Programme d’aide financière aux festivals et événements touristiques avec les partenaires. Le Regroupement reçoit favorablement cette idée, surtout si l’exercice permet de reconnaître à leur juste valeur les événements qui performent sur le plan touristique et économique et qui reçoivent, depuis trop longtemps, le maximum prévu au Programme ou, encore, qui ne voient pas leur aide ajustée parce que le Programme soutient actuellement un trop grand nombre d’événements ou qu’il ne dispose pas des sommes requises.

Pour la deuxième année consécutive, dans l’attente des résultats de la révision du modèle d’affaires et de la gouvernance en tourisme, de même que de la révision du Programme, les événements ont vu leur aide être maintenue au même niveau, même s’ils ont enregistré des progressions parfois spectaculaires. Pour le RÉMI, il s’agit d’une forme de moratoire qui ne tient compte d’aucune exception, qui freine le développement de l’industrie et qui, par conséquent, ne saurait être prolongé au-delà de 2015, d’où l’urgence d’agir.

« Le RÉMI soutient la ministre du Tourisme : le statu quo n’est pas une option. Il ne faudrait pas que la révision du modèle d’affaires et de la gouvernance en tourisme débouche sur de simples “mesurettes”. Après tout le travail mené, les constats sont clairs, les remèdes existent. Il ne faut pas que la montagne accouche d’une souris », a prévenu la présidente du conseil d’administration, Mme Louise Beaudoin.

Pour le président-directeur général du RÉMI, M. Martin Roy, « les événements majeurs internationaux vivent actuellement dans l’espoir qu’on saura bientôt répondre à leurs préoccupations, tout en leur permettant de donner un nouvel élan au tourisme, créer de l’emploi et relancer l’économie et ce, en faisant preuve d’imagination et de détermination. Il faut savoir saisir l’occasion! »

En février, l’étude de KPMG mettait à jour quelques données importantes, à savoir que les subventions gouvernementales ne représentaient plus que 16 % des sources de revenus, 84 % étant privées et autonomes. Elle établissait que les bénéfices d’exploitation des membres du RÉMI ont diminué depuis 2011 jusqu’à devenir négatifs en 2013, avec un déficit moyen de 1,1 % des revenus. Elle évaluait que les retombées économiques des membres du RÉMI se chiffraient en 2013 à 362 millions $, dont 202,3 millions $ en retombées touristiques et 159,8 millions $ en dépenses d’exploitation. En 2013, à eux seuls, les membres du RÉMI ont procuré 23,4 millions $ en recettes fiscales au gouvernement fédéral et pas moins de 41,2 millions $ au gouvernement du Québec. Dans chacun des cas, les gouvernements sont allés chercher en taxes et impôts deux fois et demie leur mise, dans la même année, puisqu’ils avaient investi respectivement 9,1 millions $ et 16,6 millions $, tous ministères et organismes confondus, dans les événements majeurs internationaux membres.