Budget fédéral 2024 : « PARTIELLEMENT ENTENDUS, PARTIELLEMENT SOULAGÉS » : LES FESTIVALS ET ÉVÉNEMENTS RÉAGISSENT

Le Regroupement des événements majeurs internationaux (RÉMI) et Festivals et événements majeurs Canada (FAME) poussent un soupir de soulagement en prenant connaissance du budget fédéral 2024-2025. Ils se réjouissent d’obtenir un peu plus que ce qu’il y avait au Fonds du Canada pour la présentation des arts (FCPA) depuis 2019-2020, tout en considérant que le gouvernement Trudeau n’a pas complétement répondu à leurs attentes.

La bonne nouvelle mérite néanmoins d’être soulignée : le réinvestissement de 8 M$ fait en 2019-2020 au FCPA serait prolongé à nouveau, cette fois jusqu’en avril 2026, et il deviendrait dans les faits un réinvestissement de 15,5 M$.

Par contre, cette somme n’aurait toujours pas été intégrée à la base budgétaire du FCPA qui se situe depuis 2008 aux alentours de 32 M$. Malgré cela, c’est donc 48 M$ qui seront investis lors des années 2024-2025 et 2025-2026 (alors que le RÉMI et FAME cherchaient à avoir 61,5 M$). En agissant de la sorte, le gouvernement fédéral condamne le milieu culturel à être en perpétuelle représentation pour renouveler des sommes, année après année ou période par période. C’est une pratique qui a aussi l’effet de rendre ces investissements plus à risque une fois arrivés à terme, avec ou sans changement de gouvernement, dénoncent les représentants de festivals et d’événements.

Le RÉMI et FAME comprennent encore moins la décision de la ministre des Finances dans la mesure où la ministre du Patrimoine canadien elle-même avait reconnu il y a quelques semaines, dans une lettre, « l’incertitude liée au renouvellement des fonds temporaires dont bénéficient ces programmes depuis 2019 » qui « ajoute aux énormes pressions financières que subit le secteur en raison de la hausse des coûts liée à l’inflation et à la pénurie de main-d’œuvre. »

Un coup de pouce particulier pour des événements ontariens

Le RÉMI et FAME prennent note de l’investissement de 38 M$ sur trois ans au Festival international de Films de Toronto et au Shaw Festival Theater. Si ces sommes peuvent être considérées bienvenues et justifiées dans le contexte, elles démontrent aussi simultanément la petitesse relative de l’enveloppe du Fonds du Canada qui desservira des centaines de clients avec environ 47 M$ par année.

Programme de financement des projets d’infrastructures de sécurité

Le RÉMI et FAME saluent l’augmentation de l’enveloppe du Programme de financement des projets d’infrastructures de sécurité. Depuis de nombreuses années, les associations font valoir qu’elles doivent pouvoir accéder à ce programme, que la sécurité des festivaliers est devenue extrêmement coûteuse, en particulier dans le cas de certains événements comme ceux de fierté 2ELGBTQI+. Ils demandent d’y être admissibles rapidement.

Un contexte difficile

Depuis que le Groupe Juste pour rire s’est mis sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers tout en mettant en pause ses festivals, la lumière a été mise sur les difficultés vécues dans le secteur événementiel à travers le Canada. Plusieurs festivals et événements ont dit être confrontés à des choix difficiles, devoir réduire leurs activités ou carrément les mettre sur pause, rappellent FAME et le RÉMI.

Au cours de la dernière année, les associations réclamaient que les sommes ponctuelles consenties depuis 2019 soient intégrées de façon permanente à la base budgétaire des deux programmes. Au sein d’une coalition de plus de trente groupes canadiens (#AvenirDuSPECTACLE), le RÉMI et FAME demandaient également un vrai rattrapage historique, à l’instar de ce qui a été fait il y a plusieurs années à Radio-Canada/CBC et au Conseil des arts du Canada. Ils souhaitaient obtenir une hausse de 21 M$ au FCPA et de 9 M$ au DCAP, en sus des sommes temporaires renouvelées à la pièce depuis 2019.